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Le procès des journalistes d'Abzas Media en Azerbaïdjan est une "parodie de justice", selon un rapport

  • IHR
  • 24 juil.
  • 2 min de lecture
Un rapport de la Fondation Clooney qualifie le procès de sept journalistes d'Abzas Media en Azerbaïdjan de « parodie de justice » visant à faire taire les reportages sur la corruption.

L'organisme de surveillance juridique créé par la Fondation Clooney pour la justice a condamné l'emprisonnement de sept journalistes indépendants en Azerbaïdjan, qualifiant leur procès de « parodie de justice ».


Le rapport TrialWatch indique que les poursuites engagées contre le personnel du média d'investigation Abzas Media visaient à faire taire la couverture médiatique de la corruption dans l'État plutôt qu'à s'attaquer aux actes financiers répréhensibles.


Les journalistes et professionnels des médias ont été condamnés à des peines de prison allant de sept à neuf ans après avoir été reconnus coupables de délits tels que contrebande, évasion fiscale et entrepreneuriat illégal.


Françoise Tulkens, ancienne vice-présidente de la Cour européenne des droits de l'homme qui a suivi l'affaire pour TrialWatch, a déclaré que les accusés n'avaient pas bénéficié des garanties fondamentales d'un procès équitable protégées par les traités internationaux relatifs aux droits de l'homme.


Dans un témoignage au tribunal cité dans le rapport, l'économiste et journaliste Farid Mehralizade a déclaré que les enquêteurs l'avaient battu et menacé pendant sa détention.


"Si vous parlez trop, c'est comme ça que vous finirez", lui ont dit les enquêteurs, selon son communiqué.

Le rapport concluait que les procureurs n'avaient pas réussi à prouver la culpabilité pénale individuelle, les juges ayant résolu tous les doutes procéduraux en faveur de l'État et limitant considérablement les arguments de la défense.


Il a noté que les autorités recouraient à de lourdes accusations pénales pour des questions administratives ou réglementaires qui justifiaient tout au plus de légères amendes civiles.


Parmi les personnes reconnues coupables dans cette affaire figurent Ulvi Hasanli, fondateur d'Abzas Media, le rédacteur en chef Sevinj Abbasova, les journalistes Nargiz Absalamova et Elnara Gasimova, le traducteur Mahammad Kekalov, le journaliste de l'agence de presse Turan Hafiz Babali et M. Mehralizade.


Les organisations de défense des droits affirment que cette affaire reflète une campagne plus large visant à supprimer le journalisme indépendant à l'approche des événements internationaux majeurs dans le pays.


Depuis novembre 2023, plus de 30 journalistes et militants civiques ont été arrêtés en Azerbaïdjan pour des accusations similaires. Les groupes locaux de défense des droits humains estiment qu'il y a actuellement 328 prisonniers politiques dans les centres de détention azerbaïdjanais.


Le gouvernement azerbaïdjanais nie que quiconque soit détenu pour des raisons politiques ou pour une activité journalistique professionnelle, affirmant que les personnes inculpées ont commis des actes criminels spécifiques.


Des groupes internationaux de défense des droits ont appelé les autorités de Bakou à libérer immédiatement tous les journalistes et prisonniers politiques.



 
 
 

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