La CEDH condamne l'Azerbaïdjan à payer 75 000 € pour la démolition d'une propriété à Ganja
- IHR
- il y a 1 jour
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La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné le gouvernement azerbaïdjanais à verser 75 450 € (63 000 £) à une famille dont la propriété a été illégalement démolie par les autorités locales.
Le jugement, publié le 7 juillet, concerne Firuz Verdiyev et Safayat Verdiyeva, dont le bâtiment commercial à Ganja, dans l'ouest du pays, a été détruit en 2013.
Le tribunal de Strasbourg a estimé que l'Azerbaïdjan avait violé le droit de propriété de la famille et son droit à un procès équitable.
Le différend a commencé en août 2013, lorsque le pouvoir exécutif du district de Kapaz a démoli une installation commerciale de 271,9 m² (2 926 pieds carrés) appartenant à la famille Verdiyev.
La famille, qui possédait également le terrain environnant de 0,3 hectare, a déclaré que la démolition avait été effectuée sans son consentement, bien qu'elle détienne des documents de propriété valides.
Les Verdiyev ont intenté une action en justice contre l'autorité exécutive locale et la police du district, réclamant 770 000 manats azerbaïdjanais (400 000 €) en compensation pour le bâtiment, la perte de leurs biens et le préjudice moral.
Les tribunaux locaux ont initialement rejeté les demandes. À la suite d'une série d'appels, la cour d'appel de Ganja a condamné les autorités locales à verser à la famille 50 000 manats (26 000 €) pour la perte du bâtiment.
La Cour suprême d'Azerbaïdjan a ensuite confirmé cette somme, en ajoutant seulement 2 000 manats (1 000 €) de dommages moraux.
La famille a ensuite porté son cas devant la CEDH, arguant qu'elle avait été illégalement privée de ses biens et qu'elle n'avait pas reçu une compensation équitable.
Dans son arrêt, la CEDH a critiqué les tribunaux azerbaïdjanais pour s'être appuyés sur une évaluation très succincte pour déterminer le montant de l'indemnisation.
"Les tribunaux nationaux (...) se sont appuyés sur un rapport d'expert d'une page qui faisait uniquement référence au registre national", indique l'arrêt de la CEDH.
"Cependant, aucune explication n'a été donnée concernant la méthodologie d'évaluation utilisée."
Le gouvernement azerbaïdjanais avait fait valoir que le terrain lui-même restait en possession de la famille, ce qui signifie qu’il n’y avait aucun obstacle à son utilisation.
Cependant, la famille a affirmé qu'elle ne pouvait plus utiliser le terrain parce que les autorités locales avaient construit une route et planté des arbres à travers le site.
La CEDH a accordé à la famille 71 750 € de dommage matériel et 3 700 € de dommage moral.
Le tribunal de Strasbourg a déjà statué contre l'Azerbaïdjan dans des dizaines d'affaires similaires impliquant des démolitions forcées, notamment lors de projets de réaménagement urbain de masse dans la capitale, Bakou.
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